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Articles de la catégorie ‘Mois national du génie’

Les emplois les plus prometteurs en ingénierie

La demande étant de plus en plus forte dans le secteur des technologies, de la science et de l’informatique, les candidats ingénieurs sont une denrée rare. Pour vous aider à tirer le meilleur parti de cette position enviable, nous avons recensé les postes en ingénierie qui s’annoncent les plus prometteurs ces prochaines années, et qui s’accompagnent de salaires compétitifs et d’une sécurité d’emploi.

Ingénieur civil

La population grandissant sans cesse, les infrastructures devront être développées en conséquence. Il faudra pour cela entretenir le réseau routier et construire de nouvelles routes, ainsi que gérer l’approvisionnement en eau, la filtration des eaux usées et les développements immobiliers résidentiels. Si vous suivez ce cheminement de carrière, vous créerez de nouvelles infrastructures en période de croissance économique, et vous entretiendrez et réparerez les infrastructures existantes en période de ralentissement économique – vous serez donc pratiquement à l’abri des récessions!


Ingénieur en environnement

Face aux pressions socio-économiques grandissantes en faveur de l’énergie renouvelable, il n’est pas surprenant que les ingénieurs en environnement aient le vent dans les voiles. Ces spécialistes se servent de leurs connaissances des sciences naturelles pour faire avancer l’assainissement de l’air et de l’eau, le recyclage, la gestion des déchets et l’énergie verte. Dans une société de plus en plus soucieuse de l’environnement, ces ingénieurs ont l’occasion d’opérer des changements qui profitent à tous.


Ingénieur en logiciel

Que ce soit dans nos téléphones, dans nos voitures ou dans nos électroménagers, les ordinateurs sont maintenant partout! Mettant l’accent sur les technologies en nuage et l’informatique mobile, les ingénieurs en logiciel élaborent des systèmes et des applications, renforcent la cybersécurité et génèrent du code – c’est donc un secteur très prometteur pour les ingénieurs en devenir qui s’intéressent aux mathématiques.

« Les technologies numériques et l’intelligence artificielle seront de plus en plus intégrées à tous les aspects de l’ingénierie traditionnelle. Par conséquent, les ingénieurs qui parviendront à développer et à renforcer leur expertise de ces domaines seront fort courtisés. » – Mark Matters, vice-président principal, Roevin


Ingénieur du pétrole et ingénieur chimiste

Pour assurer l’extraction du pétrole ou du gaz alors que bon nombre d’ingénieurs ont quitté le secteur ou pris leur retraite, les ingénieurs du pétrole et les ingénieurs chimistes demeurent essentiels. Les premiers réalisent des études pour les nouveaux champs de pétrole ou de gaz, supervisent les travaux de forage et conçoivent de l’équipement de production, alors que les seconds élaborent des procédés de transformation de la matière brute. En appliquant leurs connaissances économiques et environnementales, ces ingénieurs veillent à l’efficacité, à la sécurité et à la rentabilité des champs pétrolifères.

Pour en savoir plus sur les emplois d’avenir, ou pour lancer votre carrière d’ingénieur dès maintenant, communiquez avec Adecco Ingénierie et Technologies!

Pour plus d’informations et d’autres articles, visitez  Ressources.

Femmes et STIM : combler l’écart entre les sexes

Même si le domaine des STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) a pendant longtemps été la chasse gardée des hommes, de plus en plus de gens sont conscients de la nécessité de combler l’écart entre les sexes; ce secteur doit ouvrir ses portes aux innovatrices et aux dirigeantes de demain.

Depuis 2010, 30 % des emplois créés dans les STIM ont été décrochés par des femmes, mais elles n’y comptent encore que pour moins du quart de la main-d’œuvre. À long terme, le coût économique de cette sous-représentation ne fera qu’augmenter[i].

Pour inciter les femmes à franchir le pas et favoriser leur inclusion, tout le monde doit contribuer à rompre le statu quo qui perpétue la prédominance masculine, et s’efforcer d’allumer l’étincelle chez les jeunes filles.

Parents

Les parents jouent un rôle fondamental : ils doivent nouer avec leurs enfants un dialogue ouvert à propos des stéréotypes de genre. C’est à eux de les encourager à explorer divers intérêts, par exemple en achetant des jouets éducatifs qui nourriront leur goût pour les technologies et les sciences, et à tisser des liens entre ces intérêts et le marché du travail. Il faut les guider vers les ressources, les activités parascolaires et tout autre soutien pédagogique qui les aideront à réaliser leurs ambitions académiques et professionnelles. À cette fin, Ingénieurs Canada a d’ailleurs lancé des initiatives qui permettent aux jeunes filles d’explorer l’univers de l’ingénierie. L’organisation a notamment créé l’écusson pour les Guides, et participe au consortium de recherche « Engendering Success in STEM ».

Personnel enseignant

Les chiffres n’ont pas changé depuis 10 ans[ii] : les femmes ne comptent que pour 20 % des diplômés des programmes d’ingénierie. Il faut donc revoir les approches pédagogiques si nous voulons atteindre une plus grande parité dans le domaine des STIM.

En informatique et en mathématiques, seulement 25 % des diplômés sont des femmes – c’est moins qu’il y a 20 ans[iii].

Le personnel enseignant doit revoir les plans de cours afin de les rendre attrayants pour les deux sexes. Des possibilités : miser sur les travaux d’équipe ou sur les exercices pratiques, qui aideront les filles à développer un intérêt pour le domaine et la confiance de pouvoir y réussir.  Et afin d’éveiller très tôt les passions, pourquoi ne pas renseigner filles comme garçons sur la gamme de métiers connexes?

Médias

De Bill Nye the Science Guy à la distribution fortement masculine des Stupéfiants (MythBusters), les médias continuent de perpétuer les stéréotypes de genre. L’ingénierie et la science y sont souvent représentées par des porte-parole masculins, ce qui consolide les archétypes sociaux. Plutôt que poursuivre dans cette veine, utilisons les médias pour présenter des femmes qui ont su s’imposer dans l’univers des STIM, et qui peuvent à ce titre servir de modèles à leurs pareilles. Un excellent exemple de représentation féminine positive associée aux STIM est le film Les Figures de l’ombre (Hidden Figures). Lancé en 2016,  il s’inspire de l’histoire vraie de trois employées de la NASA durant la course à l’espace des années 1960, mettant ainsi en lumière la contribution des femmes au monde des STIM.

Employeurs

On ne comblera pas l’écart entre les sexes sans le concours des employeurs. Comme moins de 13 % des ingénieurs autorisés à pratiquer sont des femmes[iv], il est évident que les responsables du recrutement doivent viser une plus grande diversité. Et si les femmes œuvrant dans les STIM gagnent généralement plus que leurs consœurs d’autres secteurs, elles demeurent sous-payées par rapport aux hommes travaillant dans le domaine[v]. Les entreprises doivent lutter contre ces disparités, en se dotant d’indicateurs objectifs et de mécanismes de reddition de comptes. Salaires justes et reconnaissance des réalisations : voilà qui confirmera aux femmes qu’elles peuvent réussir dans une industrie encore fortement masculine.

Nous avons tous le devoir de paver la voie aux femmes dans un champ où elles sont encore trop peu nombreuses. C’est ainsi que nous viendrons à bout du fossé des compétences. Ensemble, augmentons la portée des stratégies visant à combler l’écart entre les sexes, et incitons les femmes à choisir les STIM.

Pour contribuer à la cause ou pour trouver votre prochain emploi dans le domaine, communiquez avec Adecco!

Pour plus d’informations et d’autres articles, visitez  Ressources.


[i] https://economics.td.com/domains/economics.td.com/documents/reports/bc/wistem/Women-and-STEM.pdf

[ii] https://globalnews.ca/news/3739338/women-stem-lower-paying-jobs/

[iii] Ibid.

[iv] https://engineerscanada.ca/fr/diversite/les-femmes-en-genie

[v] https://economics.td.com/domains/economics.td.com/documents/reports/bc/wistem/Women-and-STEM.pdf

Les ingénieurs et l’énergie durable

Le mouvement vert met pression sur les gouvernements et l’industrie pour qu’ils développent des sources efficientes d’énergie renouvelable. Les ingénieurs jouent un rôle capital dans le développement et la mise en œuvre de ces solutions. 

Dans le but de réduire au minimum l’utilisation des combustibles fossiles, nuisibles pour l’environnement, nous avons de plus en plus recours à des sources d’énergie réutilisables, notamment l’énergie solaire, éolienne, géothermique et hydroélectrique. La croissance de ces domaines a fait augmenter le nombre d’occasions d’emplois pour les ingénieurs récemment diplômés et ceux d’expérience.

Ingénieurs en énergie solaire

Portée par la chute des prix des matériaux et les nouvelles technologies, l’énergie solaire compte parmi les secteurs économiques en plus forte croissance.[i] On choisit d’incorporer des panneaux solaires dans bon nombre de projets non seulement en raison de leurs répercussions positives sur l’environnement, mais également car ils permettent de réduire la facture d’électricité et d’obtenir des subventions gouvernementales et des réductions d’impôt. Les ingénieurs en énergie solaire conçoivent et construisent des systèmes de panneaux solaires de différentes envergures, de la toiture résidentielle aux projets municipaux majeurs.

Ingénieurs en énergie éolienne

Les grandes éoliennes exploitent la puissance du vent et la transforment en électricité pour les fournisseurs. Il s’agit d’un secteur en pleine croissance : selon l’Association canadienne de l’énergie éolienne, le nombre d’installations éoliennes construites entre 2006 et 2017 surpasse celui de toute autre source d’électricité.[ii]  Les ingénieurs en énergie éolienne travaillent sur la conception des parcs éoliens, des pales de rotor et des systèmes électriques, ainsi que sur la production d’énergie en général. En raison de la complexité des éoliennes, les ingénieurs de ce domaine doivent faire appel à des collègues de l’aérospatiale et du génie civil, électrique, de l’environnement, industriel et mécanique afin de construire des parcs éoliens.

Ingénieurs en géothermie

Contrairement aux énergies solaire et éolienne, il est possible d’exploiter l’énergie géothermique 365 jours par année, puisqu’elle provient de la chaleur issue du sous-sol terrestre.[iii] Ce type d’énergie est surtout utilisé aux États-Unis et en Islande : les thermopompes peuvent aller chercher assez d’énergie sous la surface de la terre pour chauffer et climatiser des bâtiments.[iv] Les ingénieurs en géothermie doivent concevoir les processus et les équipements qui convertissent cette chaleur en énergie renouvelable.

Ingénieurs en hydroélectricité

L’hydroélectricité est le plus vieux système de production d’électricité à grande échelle.[v]

Elle compte pour 63 % de l’électricité produite au Canada.[vi] Les ingénieurs en hydroélectricité jouent donc un rôle essentiel dans la production de l’énergie que nous consommons chaque jour. En effet, ils sont responsables de la conception, de la construction, du fonctionnement et de l’entretien d’installations hydroélectriques comme les barrages en rivière. Ils cherchent également des méthodes pour moderniser les technologies hydroélectriques pour les rendre plus efficaces tout en réduisant leur impact sur l’environnement.

Vu les craintes croissantes par rapport aux changements climatiques et au réchauffement planétaire, la pression monte sur les ingénieurs afin qu’ils conçoivent et mettent en œuvre de nouvelles façons, plus efficaces, d’exploiter les énergies renouvelables.

Pour en savoir plus sur ces sources d’énergie ou pour entamer une carrière dans un domaine d’ingénierie durable, communiquez avec Roevin dès aujourd’hui!

Pour plus d’informations et d’autres articles, visitez  Ressources.


[i] https://www.ctvnews.ca/sci-tech/solar-energy-is-fastest-growing-source-of-power-1.3618361

[ii] https://canwea.ca/fr/leolien-les-faits/leolien-une-solution-viable/

[iii] https://www.nationalgeographic.com/environment/global-warming/geothermal-energy/

[iv] https://www.nationalgeographic.com/environment/global-warming/geothermal-energy/

[v]https://www.engineering.com/ElectronicsDesign/ElectronicsDesignArticles/ArticleID/5761/Hydropower-Energy-Harvesting.aspx

[vi]https://www.engineering.com/ElectronicsDesign/ElectronicsDesignArticles/ArticleID/5761/Hydropower-Energy-Harvesting.aspx

 

Les multiples facettes du PDG

par Alana Couvrette

D’accord, je l’avoue : avant de commencer l’aventure du programme PDG pour un mois d’Adecco Canada, quand j’entendais le terme « PDG », je pensais voitures de luxe, jets privés, accès exclusif à des événements tout aussi exclusifs, bref, à quelqu’un qui a le monde à sa portée.

Mais la réalité est bien plus complexe que ce qu’on voit dans les films. Je souhaitais prendre quelques instants pour réfléchir au rôle d’un PDG, en me basant sur mes expériences dans le programme. Un PDG est…

… un médiateur.
La vie d’un PDG n’est pas toujours chic. Il se trouve souvent pris entre deux feux dans des situations très difficiles, et doit savoir concilier des points de vue opposés afin que les parties puissent parvenir à un accord. Il a un don pour trouver un terrain d’entente.

… la meilleure personne pour résoudre un problème.
Le PDG est confronté à des problèmes des plus épineux, c’est-à-dire des dossiers qui n’ont pas encore été résolus et qui, avant d’atterrir sur son bureau, sont passés par plusieurs niveaux de gouvernance. Et non seulement règle-t-il des problèmes, mais il en crée aussi, de manière stratégique. En effet, les défis peuvent devenir source de croissance pour les personnes et les entreprises, et le PDG connaît le moment exact où il doit pousser et celui où il doit être plus prudent.

… un touche-à-tout, qui maîtrise tout.
Le PDG connaît son entreprise comme le fond de sa poche. C’est un généraliste expert, capable de passer d’un domaine à l’autre avec aisance et assurance, à un rythme qui peut être étourdissant pour la plupart des gens!

… un raconteur.
Le PDG a une histoire pour tout et ses récits servent à illustrer ses propos. Ayant porté plusieurs chapeaux au cours de sa carrière, il a des « vies antérieures » qui refont inévitablement surface. Par ses histoires, le PDG intéresse, inspire, motive et convainc ceux et celles qui l’entourent : il raconte ses débuts dans l’entreprise, communique ses valeurs et explique où il veut se rendre.

… le patron, mais pas nécessairement celui auquel on pense.
Le PDG n’est pas forcément inaccessible, ou quelqu’un autour de qui il faut marcher les fesses serrées. Il y a une multitude de styles de leadership, et aucun n’est meilleur qu’un autre; chaque PDG – homme ou femme – apporte des compétences uniques. À tous ceux et celles qui songent à assumer un poste de direction, retenez ceci : pour connaître du succès comme PDG, vous n’avez pas à faire comme votre prédécesseur.

… un mentor et un mentoré
Le PDG sait que le fait de mentorer des employés les aide à avoir du succès, ce qui se répercute sur toute l’entreprise. Or, ce n’est pas parce qu’un PDG se trouve au sommet qu’il n’a pas de modèle. Ils veulent tous suivre les traces d’un « héros ».

Alors que j’arrive à la moitié de mon parcours comme PDG pour un mois d’Adecco Canada, je tâcherai de garder en tête les qualités que je viens d’énumérer.

Le meilleur PDG est celui qui forge son propre chemin. Celui qui est unique et authentique.

L’avenir des femmes dans le secteur des STIM : une approche multidimensionnelle

 

 

 

 

Katie Bieber, conseillère en recrutement TI à la succursale Roevin d’Edmonton, possède plus de KatieBiebertrois ans d’expérience en recrutement conjugués à une bonne connaissance du secteur de la technologie d’Edmonton. Forte d’un réseau de contacts exceptionnels et d’un bassin de candidats du domaine des STIM, Katie s’occupe des clients dans le secteur TI. Elle travaille avec un grand nombre de candidates passionnées, de vraies pionnières qui surmontent des difficultés de taille du fait qu’elles soient les seules femmes à postuler un poste ou à faire partie de leur équipe. C’est leur persévérance et leur réussite qui inspirent Katie à se battre passionnément pour la promotion des femmes dans l’arène de la technologie.   


Dans la foulée de deux événements significatifs de mars, soit le Mois national du génie et la Journée internationale des femmes, Adecco poursuit son examen de la sous-représentation des femmes dans le domaine des STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques).

Ce sujet soulève de plus en plus de discussion, comme en témoigne l’intérêt que divers organismes gouvernementaux, rapports, études, entreprises, énoncés de mission et groupes de réflexion ont manifesté pour cette question ces dernières années. Le problème est décrié de toutes parts, à la fois par les défenseurs de la diversité et le secteur des STIM lui-même. En 2010, le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) a publié un rapport de 84 pages sur les Femmes en sciences et en génie au Canada qui a examiné la « sous-représentation des femmes au Canada dans les divers domaines de la science et du génie », soulignant que ce problème connu de longue date « préoccupait le CRSNG ».

Les femmes sont-elles réellement sous-représentées dans les STIM?

Absolument!

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Selon l’Enquête nationale auprès des ménages menée en 2011, les femmes de 25 à 34 ans détentrices d’un diplôme en STIM (ou STGM, selon la terminologie employée par l’enquête) représentaient seulement 39 % des diplômées universitaires, comparativement à 66 % de diplômées universitaires d’autres programmes. De plus, le pourcentage des femmes travaillant dans ce domaine n’a presque pas changé depuis 30 ans. En effet, tandis que les femmes occupaient 20 % de la main-d’œuvre dans les STIM en 1987, elles n’en représentent que 22 % aujourd’hui.

Comme le CRSNG l’a souligné dans son rapport, « On retrouve dans quasiment tous les pays au monde, à divers degrés, moins de femmes que d’hommes dans les études des sciences naturelles et de génie ».

Pourquoi les femmes évitent-elles les STIM?

Bien que le CRSNG constate que la littérature sur le sujet est disparate et ne contient pas de résultats concluants, je pense que le problème découle de ces deux facteurs :

  1. Les perceptions de soi des femmes sont façonnées par un sexisme explicite et implicite;
  2. Il manque dans ce domaine des modèles féminins auxquels les femmes pourraient s’identifier et qui pourraient leur servir de mentors.

Comme le souligne le CRSNG, les « barrières au progrès des femmes… sont systémiques… Si nous voulons diversifier les domaines des STIM, nous devons examiner attentivement les stéréotypes et les partis pris qui imprègnent toujours notre culture ».

Que faire?

Ces facteurs étant reconnus, une intervention multidimensionnelle s’impose pour déraciner les préjugés systémiques et sociétaux. Une personne ne peut les enrayer à elle seule. Les changements doivent provenir des gouvernements, entreprises, organismes, institutions, parents et éducateurs pour améliorer la perception et les rapports des femmes envers les STIM.

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Comme les perceptions et attitudes envers les mathématiques et les sciences se forment bien avant la 1re année, nous devons veiller à ce que nos enfants s’intéressent à ces sujets dès un jeune âge.

La socialisation étant un élément clé, nous devons initier les filles très tôt au raisonnement spatial et mathématique. Dans notre dernier blogue, Réjeanne Aimey explique que tandis que les jouets de son frère étaient mécaniques et mobiles, les siens exigeaient de l’imagination. Le CRSNG abonde dans ce sens dans son rapport : « Lorsque les filles grandissent dans un environnement où leur réussite en science et mathématiques est valorisée et où elles reçoivent une formation axée sur les compétences spatiales, elles sont plus susceptibles d’acquérir ces compétences, d’accroître leur confiance en elle et d’envisager de faire carrière dans le domaine des STIM. »

Nous devons également combattre les idées fausses que les jeunes filles se font sur leurs capacités et les femmes œuvrant dans le domaine. Les stéréotypes voulant que les femmes n’ont pas de capacité d’analyse ou sont incapables de raffiner leurs compétences en mathématiques ont depuis longtemps étaient démentis. Le meilleur moyen de lutter contre ces préjugés est de reconnaître les réalisations  des femmes – passées et actuelles. Les femmes comme Marie Curie, Dre Mary Lowe Good, Dre Margaret Oakley Dayhoff et Ada Lovelace (pour n’en nommer que quelques-unes) ont pavé la voie pour permettre aux femmes d’accomplir des exploits scientifiques et elles méritent autant de reconnaissance que leurs homologues masculins. Nous devons également introniser plus de femmes remarquables au Temple de la renommée des sciences et génie du Canada. Comme le recommande le CRSNG, « Il faut promouvoir les réalisations des filles et des femmes en mathématiques et sciences… Enseigner aux filles que les compétences intellectuelles, y compris les compétences spatiales, sont acquises » et pas innées.

À mon avis, un pas dans la bonne direction pour mettre fin à ces préjugés serait de rendre les études en STIM la norme pour les femmes dès un jeune âge, contrairement aux occupations et orientations traditionnellement féminines.

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Établissements d’enseignement

Bien que le Canada fasse des progrès au chapitre de l’inscription des femmes dans les programmes des STIM – l’Université de la Colombie-Britannique et l’Université de Toronto affichant d’ailleurs des taux d’inscriptions féminines records dans les programmes de génie (29 % et 30 % respectivement) – ce « progrès » n’est malheureusement pas aussi important qu’il semble. Selon le magazine Macleans, l’inscription des femmes dans les domaines des STIM s’établit à seulement 19 % à l’échelle du Canada. De plus, seulement 12 % des 280 000 ingénieurs professionnels au pays sont des femmes. « Même si elles obtiennent un emploi, explique-t-on dans le Macleans, le nombre de femmes occupant des postes de direction est bien trop faible. Par exemple, dans les universités, seulement 12 pour cent des professeurs titulaires dans les STIM sont des femmes. » De plus, selon l’étude menée en 2012 par le Conseil des académies canadiennes, les femmes gagnent moins que les hommes à tous les niveaux d’enseignement – même les professeures titularisées – et sont pénalisées sur le plan des promotions et de la permanence lorsqu’elles prennent des congés de maternité en raison du manque de flexibilité des modalités de départ et de réintégration.

Il est également extrêmement frustrant de savoir que des femmes qualifiées et talentueuses sont régulièrement négligées pour grand nombre d’honneurs et de prix dans le domaine des STIM. Les femmes sont ignorées pour ces récompenses parce que les hommes qui occupent des postes de direction sont plus susceptibles de proposer des hommes pour ces honneurs. Le même article dans Macleans dresse un profil de la neuroéthicienne Judy Illes et de la professeure clinique, Dre Catherine Anderson – toutes deux de l’Université de la Colombie-Britannique – qui ont démissionné du comité de sélection du Temple de la renommée des sciences et génie du Canada parce que « pour la deuxième année consécutive, tous les finalistes étaient des hommes ». Un accès plus facile et juste à ces programmes, ressources et sources de reconnaissance est jugé essentiel pour attirer et retenir les femmes dans le domaine des STIM.

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Employeurs

Le découragement des femmes diplômées et travaillant dans le domaine des STIM représente un autre enjeu de taille. En plus d’être moins rémunérées que les hommes, les femmes font face à des obstacles au travail qui se présentent comme des  « petits moments sexistes qui les font sentir malvenues et indignes de leur poste  », double insulte pour ces femmes hautement qualifiées qui ont trimé pour atteindre leurs objectifs et mériter leur place.

Heureusement, conscients des pratiques d’embauche et environnements de travail discriminatoires, de plus en plus d’employeurs cherchent des moyens d’encourager plus de femmes à poursuivre une carrière dans le domaine des STIM.

Par exemple, Microsoft a lancé un nouveau mouvement intitulé #MakeWhatsNext, qui vise à s’attaquer aux questions et causes de l’abandon des femmes des STIM ou de leur perte d’intérêt pour ce domaine. Microsoft, ayant également constaté que l’accès aux études en informatique représentait un obstacle important pour les filles, a lancé le programme YouthSpark, qui fournit des possibilités d’apprentissage et des ressources informatiques gratuites.

D’autres organisations ont également emboîté le pas. L’Oréal Canada, par exemple, offre aux femmes des bourses dans le domaine des sciences de la vie pour promouvoir la recherche et le mentorat. Pratt & Whitney commandite la Chaire du CRSNG pour les femmes en science et génie dans le but d’appuyer l’avancement des filles et femmes dans ces secteurs.

Ces grandes entreprises ont la capacité de changer les attitudes sur ce problème persistant, d’aider la société à dissiper les partis pris sexistes et de prendre les mesures essentielles pour veiller à instaurer l’égalité dans le secteur des STIM.

Que fait Adecco?

Nous reconnaissons la responsabilité qui incombe aux employeurs les plus importants au monde comme nous. Nous sommes fiers que l’Institut Great Place to Work ait classé Adecco Canada au 27e rang des meilleurs lieux de travail pour les femmes en 2016.

Notre programme Way to Work propose aux jeunes dirigeantes des possibilités de stages rémunérés et de mentorat auprès de nos recruteurs, dirigeants et clients, dont bon nombre font partie du secteur des STIM. De plus, le numéro Femmes et Leadership de notre magazine Lead a recueilli les perspectives d’avocats en droit du travail, d’économistes et de chefs d’entreprise sur la question.

Nous offrons également à des milliers de femmes à l’échelle du Canada des opportunités d’emploi dans les secteurs médical, scientifique, de l’ingénierie, de la technologie et de la technologie de l’information. Les offres sont affichées sur les sites Web Adecco.ca et Roevin.ca.

Pour Adecco et Roevin, promouvoir la diversité des talents n’est pas simplement une « pratique exemplaire », mais bien notre pratique normale et notre engagement. Notre Comité canadien sur la diversité est voué à établir des liens pour nous permettre de mieux servir les collectivités où nous travaillons tout en favorisant l’équité et la diversité en matière d’emploi – incluant pour les femmes, les parents et les personnes qui réintègrent le marché du travail.

J’espère que toutes les femmes et filles talentueuses du domaine des STIM ont eu une Journée internationale des femmes enrichissante et inspirante et qu’elles continueront à célébrer tout le Mois national du génie!

Les femmes en génie : entrevue avec Réjeanney Aimey, ing. MBA

Depuis 1992, Ingénieurs Canada célèbre chaque année l’excellence en ingénierie en faisant du mois de mars le Mois national du génie. Le thème de cette année, « Une place pour toi », porte sur l’inclusion, la diversité et les possibilités dans le monde du génie. En cette Journée internationale des femmes, l’occasion est idéale pour présenter des ingénieures inspirantes et pour montrer aux techniciennes et aux  scientifiques en herbe à quel point une carrière en génie peut être gratifiante. Voici l’entrevue menée par Adecco avec Réjeanne Aimey, ing., MBA, une ingénieure inspirante et expérimentée de Toronto. Elle nous parle de son expérience dans le domaine des STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), non seulement comme femme, mais aussi comme personne de couleur dans ce domaine hautement compétitif et autrefois très exclusif.

 RejeanneAimeyNée au Canada, Réjeanne a vécu à Trinité-et-Tobago de l’âge de 3 ans jusqu’à la fin du secondaire. Initiée à la musique dès l’âge de 6 ans, elle a obtenu la plus haute certification en théorie musicale et en piano décernée par le Trinity College of Music de Londres. Au secondaire, elle a fréquenté une prestigieuse école pour filles, Bishop Anstey, qui ne recrute que les meilleures élèves. À son retour au Canada, elle s’est inscrite à l’Université Western Ontario de London, où elle a obtenu un baccalauréat en génie mécanique. Réjeanne a ensuite travaillé dans divers domaines : recherche et développement, génie structural, bruits et vibrations, analyse de longévité à l’aide de la méthode des éléments finis, amélioration continue sans gaspillage, génie des réacteurs nucléaires, entretien d’équipements industriels lourds, mise en œuvre de logiciels et consultation en recherche scientifique et développement expérimental. Elle est membre de l’Ordre des ingénieurs de l’Ontario et de la Ontario Society of Professional Engineers. Tout en travaillant, elle a fait une maîtrise en administration des affaires à l’Université de Phoenix. Réjeanne veut raconter son histoire afin d’encourager les autres à se dépasser, de favoriser l’apprentissage des STIM chez les jeunes et de promouvoir la profession d’ingénieur en Ontario.

Qu’est-ce qui vous a attirée vers les STIM?

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été curieuse. Je me rappelle que très jeune déjà, je voulais savoir comment mes jouets fonctionnaient et surtout, comment ils bougeaient. J’ai rapidement réalisé que les jouets de mon frère étaient beaucoup plus intéressants que ceux qu’on me donnait à moi. Même aujourd’hui, les jouets pour garçons sont conçus de façon à se mouvoir seuls, contrairement aux jouets destinés aux filles; celles-ci doivent faire appel à leur imagination pour les faire bouger! J’ai joué avec les deux types de jouets, mais ceux qui étaient conçus pour les garçons stimulaient immédiatement ma curiosité et m’ont davantage aidée à développer mon intelligence.

Par ailleurs, il se passait toujours près de chez moi quelque chose d’intéressant qui attirait mon attention : du mélange du ciment à la préparation d’un gâteau, en passant par le  jardinage ou la construction d’un bassin ou d’une niche, tout me stimulait.

Lorsque j’ai été exposée aux sciences pour la première fois, à l’école, j’ai tout de suite su que c’était pour moi. Plus je faisais de sciences, plus mon intérêt grandissait, et je n’ai jamais regardé en arrière.

Petite, avez-vous toujours su que vous vouliez être ingénieure?

À dire vrai, j’ai toujours su que c’était une possibilité, mais j’ai hésité à l’adolescence parce que j’aimais beaucoup les arts. Je ne suis pas Monet, mais je rappelle avoir pensé que j’aimais autant les sciences que les arts et avoir envisagé l’architecture, qui représentait à mes yeux la combinaison parfaite des deux. Finalement, j’ai quand même choisi le génie, qui me semblait beaucoup plus stable, en me disant que je pourrais toujours développer mon côté artistique autrement.

Je dois ajouter que mon père est ingénieur civil et que ma famille élargie compte de nombreux ingénieurs dans tous les domaines. Pour beaucoup de monde, il semblait évident que je choisirais cette voie, mais mes parents ne m’y ont jamais obligée. Lorsque je leur ai annoncé ma décision, ils m’ont simplement appuyée avec joie.

Avez-vous été encouragée ou inspirée par un mentor ou un modèle du domaine des STIM?

« Je ne pense pas avoir eu comme modèle une femme noire en particulier, ingénieure ou scientifique, mais je me rappelle de nombreuses femmes qui avaient surmonté des stéréotypes sexistes.»

À l’école secondaire que j’ai fréquentée, on nous donnait le sentiment qu’il n’y avait pas de limites à ce que nous pouvions faire. Je ne pense pas avoir eu comme modèle une femme noire en particulier, ingénieure ou scientifique, mais je me rappelle de nombreuses femmes qui avaient surmonté des stéréotypes sexistes dans plusieurs autres domaines. Tout ce que je savais, c’est que j’aimais le mouvement et les sciences, que j’étais bonne à l’école et que je pouvais choisir ce que je voulais : j’ai choisi le génie.

Avez-vous subi des préjugés sexistes ou racistes lors de votre formation technique et dans votre profession?

Je répondrais « oui », mais c’était beaucoup plus du racisme que du sexisme. Ce qui me permet de l’affirmer, c’est que même si je suis née au Canada, j’ai été élevée dans un autre pays, constitué d’une mosaïque de races et de cultures. Mes proches occupaient des postes dans le domaine qu’ils avaient choisi, la plupart des dirigeants du pays me ressemblaient, j’étais entourée de personnes qui me ressemblaient aussi, et à l’école personne ne voyait ses ambitions brimées en raison de son statut socio-économique; je n’ai donc jamais douté de mes compétences et de mes objectifs. J’ai fréquenté l’une des meilleures écoles et étudié auprès de certaines des femmes les plus intelligentes et accomplies que je rencontrerai dans ma vie. Je sais donc ce qu’est un traitement égalitaire, et j’ai ressenti clairement la différence en revenant au Canada.

Comment avez-vous surmonté ces préjugés, psychologiquement et pratiquement?

« Étant donné la diversité de mes champs d’intérêt, lorsque les choses ne se passent pas bien dans un secteur, je reste motivée et occupée par mes autres activités.»

Je suis ambitieuse, résolue, dynamique et déterminée — des qualités que m’ont transmises ma famille, mes amis, mes enseignants et mes aînés. Cela m’a sûrement aidée à évoluer dans cet environnement. La plupart du temps, j’ignorais les insultes et j’étais reconnaissante des occasions qui se présentaient. Chaque fois que j’en ai eu besoin, une avenue s’est ouverte, et cela a compensé tous les commentaires racistes, sexistes ou injustes. Pour être honnête, je crois que certaines des personnes qui plaçaient ces obstacles sur ma route n’étaient pas conscientes du fait que leurs décisions étaient davantage basées sur leurs perceptions quant à ma race et à ma culture que sur mes compétences réelles.

Je suppose aussi qu’étant donné qu’étant donné la diversité de mes champs d’intérêt, lorsque les choses ne se passent pas bien dans un secteur, je reste motivée et occupée par mes autres activités.

Selon vous, comment peut-on mieux encourager les filles et les femmes — particulièrement les femmes de couleur — à choisir le génie?

D’abord, je pense qu’il faut continuer à exposer les enfants aux sciences et aux technologies. Dans le monde moderne, les STIM peuvent s’appliquer pratiquement à tous les domaines; il n’y a donc aucune excuse pour en exclure une partie de la population parce qu’on pense qu’elle ne s’y intéresse pas. Je pense que si l’on présente les STIM avec les qualités dont devrait faire preuve tout bon professeur – l’intelligence, la patience, la bienveillance, l’attention, l’équité et la justice –, tous les enfants peuvent y exceller.

Qu’on soit garçon ou fille, je pense qu’il faut commencer dès l’enfance. Si les enfants ne sont pas inspirés par leurs jouets ou par l’influence positive de proches, il faut les intéresser au domaine des STIM grâce à un système d’éducation juste et équitable. Il y a aussi beaucoup de projets parascolaires qui peuvent y contribuer. L’un d’eux, auquel je contribue, est un concours de conception ouvert aux filles de 11 à 14 ans (le Women in Engineering and Science (WIES) Design Competition) qui se déroule sur deux fins de semaine en été. L’année dernière, nous avons montré aux enfants comment concevoir, construire et commercialiser des applications mobiles sur les blessures sportives courantes. Cette année, nous espérons inclure la conception mécanique et l’impression en 3D. L’an dernier, les solutions proposées par les enfants étaient comparables à celles de professionnels. Nous cherchons des commanditaires, des bénévoles et des participants pour le concours de juillet prochain; c’est une occasion extraordinaire pour les éducateurs et les commanditaires de s’impliquer et de faire une différence sur le terrain.

Comme société, nous avons tendance à n’apprécier que les personnes que nous connaissons ou qui nous ressemblent; tant que nous ne dépasserons pas cela, je crois qu’il faut proposer aux filles de couleur des modèles de femmes de couleur dans le domaine des STIM pour qu’elles sachent que c’est possible pour elles aussi. Des entrevues comme celle‑ci, de même que la récente émission HERstory In Black à CBC et le projet How She Hustles y contribuent certainement. J’aimerais donc remercier Adecco de m’avoir choisie.

Concrètement, que peuvent faire les éducateurs, les législateurs et les employeurs rendre le génie plus accueillant pour les femmes?

Les éducateurs peuvent s’assurer que tous les enfants sont également exposés aux STIM et les orienter vers les ressources qui correspondent à leurs intérêts.

Les législateurs peuvent s’efforcer d’éliminer la sélection et le classement dans les écoles pour que tous les enfants (peu importe leur race ou leur genre) aient le même accès à l’information et continuent à être stimulés par les autres, qu’ils soient plus ou moins avancés qu’eux.

Les employeurs peuvent offrir des occasions intéressantes aux femmes et aux minorités et créer des programmes de mentorat encadrés afin de les aider à progresser.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes femmes de couleur qui envisagent une carrière en génie?

« N’abandonnez jamais, et vous y arriverez. »

Foncez! Assurez-vous d’avoir de bonnes notes et si vous avez besoin d’aide, cherchez-la jusqu’à ce que vous la trouviez. Ceux qui déploient les efforts nécessaires finissent toujours par trouver les bonnes personnes, et vous devez être prêtes à ce que les « bonnes personnes » n’aient rien en commun avec vous, à part votre amour du génie. Si vous le pouvez, approfondissez vos apprentissages en participant à des projets du domaine des STIM après l’école. Éloignez-vous des gens qui tentent de vous décourager; si c’est impossible, ignorez-les, même si ce sont des membres de votre famille ou des amis « bien intentionnés ». N’abandonnez jamais, et vous y arriverez.