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De nouvel immigrant à superstar : favoriser la diversité des talents est un avantage concurrentiel

Même si la Loi canadienne sur l’équité en matière d’emploi a été adoptée il y a 30 ans (en 1986) et que la diversité est certainement plus présente en milieu de travail[i], nous, les employeurs, avons encore beaucoup de chemin à parcourir.

Plusieurs études ont démontré que malgré le fait que « la moyenne des immigrants arrive au pays avec un meilleur bagage scolaire, en meilleure santé et en étant parvenue au même stade dans leurs carrières que les Canadiens de naissance… les données suggèrent… qu’ils réussissent moins bien que les vagues d’immigrants antérieures. »[ii] L’accès aux possibilités d’emploi, l’ascension sociale, les gains et les revenus ont été plus faibles chez les minorités visibles que non visibles au Canada.[iii]

Bien que les hommes et les femmes de minorités visibles possèdent un niveau d’éducation plus avancé (les personnes de minorités visibles sont plus nombreuses à détenir un diplôme universitaire que leurs homologues des minorités non visibles au Canada), ils sont moins nombreux à atteindre des niveaux de revenus supérieurs. Les revenus des minorités visibles ne correspondent tout simplement pas à leur formation scolaire.[iv]

Malgré notre évolution sur le plan du leadership féminin (actuellement, les femmes détiennent 19,5 % des sièges au sein des conseils d’administration[v]), d’autres groupes minoritaires restent toujours singulièrement sous-représentés dans les postes de direction au sein de sociétés canadiennes. Les minorités visibles détiennent seulement 4,6 % des sièges dans les conseils d’administration, les personnes handicapées seulement 2,7 % et les autochtones seulement 1,1 %.[vi]  Le secteur des entreprises est le plus grand responsable, car seulement 4 % de leurs postes de direction sont occupés par des personnes de minorités visibles.[vii] Alors que les entreprises mettent beaucoup d’emphase sur l’embauche de minorités visibles, il est évident qu’elles ne déploient pas suffisamment d’efforts pour les retenir. Cela engendre un taux de rotation du personnel plus élevé parmi les minorités visibles, qui constatent l’absence de possibilités d’avancement ou d’un sentiment d’appartenance.[viii]

Ces statistiques décevantes nuisent non seulement aux  milliers de professionnels hautement qualifiés issus des minorités, mais aussi à ces mêmes entreprises qui négligent de leur offrir des promotions. Dans les milieux de travail diversifiés, les employés sont plus satisfaits et leur taux d’absentéisme est moindre. Ils ont tendance à être plus innovateurs et moins portés sur la pensée de groupe.  Et ils peuvent interagir avec une clientèle plus diversifiée (un milieu de travail plus diversifié procure des avantages financiers tangibles).[ix]

Les entreprises canadiennes doivent mettre en place des programmes permettant d’acquérir et de mettre à profit les talents d’une force de travail réellement diversifiée et de reconnaître leur travail soutenu. La toute première étape consiste donc à attirer et à embaucher des talents diversifiés.

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Adecco ne dispose pas de toutes les solutions à ce problème systémique, mais nous avons un Comité de la diversité qui se consacre à la sensibilisation, à la mobilisation, à l’intervention, à la recherche, à l’information de la clientèle et qui vise la représentation d’une multiplicité de voix dans le processus décisionnel. Nous faisons aussi la promotion du pouvoir de la diversité en milieu de travail auprès de nos clients, dont certains comptent parmi les plus importants employeurs au Canada.

Mieux encore, nous pratiquons en entreprise ce que nous prêchons à nos clients. Pour nous, l’embauche et la promotion de talents diversifiés ne se résument pas à une « pratique exemplaire »; c’est notre pratique normale et notre engagement.

Sohail Dossani est aujourd’hui le directeur de deux divisions d’Adecco : la Gestion centrale des commandes et le Centre de recrutement corporatif. Il est parti de loin pour aboutir à un poste de direction dans un environnement de bureau. Arrivé au Canada en 2002, il a gravi les échelons en moins de dix ans, depuis un emploi dans un établissement de restauration rapide, à un poste de gestion de deux services importants jusqu’à devenir la personne-ressource de la plus importante agence de recrutement au monde. Nous vous racontons son histoire ci-dessous. Nous espérons qu’elle incitera les employeurs à reconnaître les avantages de se doter d’une force de travail diversifiée et talentueuse, de même qu’à offrir aux nouveaux immigrants de véritables occasions de réussite.


Espoir

Sohail a grandi au Pakistan, où il a décroché un diplôme en science informatique et un emploi chez IBM. Il a travaillé à Karachi, puis à Dubaï. Un jour, son patron lui a annoncé qu’il déménageait au Canada, incitant Sohail à réfléchir sa propre carrière et à son avenir. Il a donc décidé qu’il ferait, lui aussi, une demande d’immigration au Canada afin de profiter de meilleures opportunités. Comme son ancien patron avait réussi à obtenir un emploi dans le domaine des TI, Sohail avait bon espoir d’obtenir le même succès. En fait, cela ne l’inquiétait nullement.

Déception

Malheureusement, ses espoirs se sont évanouis peu après son arrivée à Toronto. Il a postulé nombre d’emplois dans les TI, sans succès. Son diplôme lui était peu utile en matière d’embauche. Et son manque d’expérience canadienne constituait un obstacle à l’obtention d’un emploi correspondant à ses qualifications (un cul-de-sac avec lequel de nombreux Néo-Canadiens doivent composer, mais qui a récemment été éliminé en Ontario et pourrait l’être au Québec, alors que les tribunaux d’autres provinces s’y sont opposés). Nouvellement arrivé au pays, Sohail ne connaissait pas les ressources d’aide à l’emploi à sa disposition et ne savait par où commencer. Il ne connaissait pas les processus de collaboration avec les divers organismes et groupes communautaires, ni lesquels d’entre eux étaient fiables.

« Les ressources électroniques étaient nombreuses, mais rares étaient les personnes avec qui discuter pour obtenir de l’information », se rappelle Sohail.

Pour tenter de trouver du travail, il a décidé de cogner aux portes des entreprises. « Ce fut très difficile », raconte-t-il.

Il a fini par décrocher un emploi dans une usine où il devait étiqueter des bûches pour foyer. Malgré les nombreuses violations en matière de santé et sécurité qu’il constatait dans son milieu de travail, il a persévéré puisque c’était le seul emploi disponible à ce moment. Un choix malheureux qui s’impose à de nombreuses personnes dans de telles circonstances.

Promesse

Sohail a communiqué avec un établissement de restauration rapide populaire afin d’obtenir un poste à temps partiel qui lui permettrait de bonifier son revenu et d’acquérir de l’expérience. Le gérant l’a embauché sur-le-champ. Après tout, il avait devant lui un universitaire qui demandait un emploi au salaire minimum. En plus de son emploi à l’usine, Sohail dirigeait l’équipe de nuit au restaurant.

Avant de déménager au Canada, il ne s’était jamais imaginé occupant un emploi dans la restauration rapide. Mais la sécurité et la formation en gestion offertes par l’entreprise lui plaisaient. Ce poste l’a aussi aidé à prendre une décision importante : retourner à l’université pour obtenir une maîtrise. En peu de temps, il est devenu le gérant de nuit au restaurant et il a pu quitter son emploi à l’usine.

Opportunité

Alors qu’il étudiait le jour et travaillait au restaurant la nuit, Sohail habitait à proximité d’un important fabricant de produits électroniques dans le nord de la ville. Il voyait le va-et-vient quotidien des travailleurs. Il a décidé d’aller déposer son curriculum vitae et il a appris que l’entreprise retenait les services d’Adecco en matière d’embauche.

Voulant adopter une approche proactive, Sohail a communiqué avec un conseiller du programme des compétences professionnelles à la mosquée locale afin de trouver de nouvelles occasions d’emploi. Coup de chance, un recruteur d’Adecco collaborait avec les gens de la mosquée en matière de recrutement communautaire et de soutien à l’emploi. Lorsque le conseiller a appris l’intérêt de Sohail pour l’entreprise d’électronique, il l’a rapidement mis en contact avec nous. À ce moment, l’agence cherchait uniquement à pourvoir un poste de débutant en production. Un emploi pour lequel Sohail était surqualifié. Notre recruteuse lui a suggéré de garder son poste de supervision au restaurant, tandis qu’elle lui chercherait un poste mieux adapté à ses compétences.

Succès

Peu après, la même entreprise d’électronique avait ouvert un poste de testeur fonctionnel et de débogueur, ce qui correspondait davantage à l’expérience et aux qualifications de Sohail. Il a été embauché! Bien que le salaire ait été inférieur à celui de son emploi précédent, Sohail était content de travailler dans un domaine où il pourrait mettre à profit ses compétences et se rapprocher des TI, son principal domaine d’expertise. Il était persuadé de pouvoir évoluer!

Sohail a travaillé dans la production pendant deux ans, jusqu’à ce qu’Adecco ait besoin d’un nouveau gestionnaire sur place pour superviser notre personnel qui travaillait à l’usine. Sohail n’avait pas beaucoup d’expérience en ressources humaines, mais il était compétent et très respecté de ses collègues. Nous l’avons interviewé pour ce nouveau poste et nous étions convaincus de ses aptitudes : il disposait de l’expérience suffisante pour gérer le personnel sur place et il pouvait combler ses lacunes en ressources humaines par de la formation. Nous l’avons embauché en tant que superviseur sur les quarts de fin de semaine et de nuit. Cette entreprise représentait l’un des plus importants comptes d’Adecco. Le fait de lui confier cette responsabilité importante confirmait à la fois ses compétences et notre confiance en lui. Sohail a surpassé toutes les attentes : il est devenu un collègue à temps plein chez Adecco, en plus d’être rapidement promu à un poste de gestionnaire de partenariat. À ce titre, il collaborait avec quatre de nos plus importants clients partenaires dans l’ensemble de l’Ontario et avec de multiples équipes de prestation de service. L’aspect sans doute le plus gratifiant pour Sohail, c’est qu’il a été en mesure d’embaucher d’autres personnes méritantes à ce poste.

Leadership

Lorsqu’Adecco a eu à pourvoir un poste de directeur des opérations afin d’épauler la région du sud-ouest de l’Ontario, nous n’y avons pas réfléchi à deux fois. Sohail avait démontré sa détermination, sa motivation et ses capacités d’apprentissage rapide. Après plus d’un an en tant que directeur des opérations, une autre opportunité lui a été offerte : devenir le directeur du service de la gestion centralisée des commandes d’Adecco à London, en Ontario. L’équipe de la gestion centralisée des commandes fournit des services centralisés pour les comptes nationaux d’Adecco, plus particulièrement ceux dont les activités se déroulent dans plusieurs emplacements géographiques.

Sohail dirige l’équipe depuis plus d’un an et il a travaillé fort pour restructurer les responsabilités de l’équipe, les processus et la prestation du service à la clientèle. Ses projets ont non seulement simplifié le soutien de l’équipe dans l’ensemble de l’organisation, mais ils nous ont également permis d’atteindre et d’offrir un service à la clientèle exceptionnel aux comptes importants. Tout cela aurait été impossible sans un service de gestion centralisée des commandes bien dirigé.

Même si Sohail s’occupe de plusieurs comptes importants, il a toujours le temps de répondre aux questions provenant de l’un ou l’autre des 40 bureaux d’Adecco et il semble toujours à l’aise. Il aborde ses responsabilités croissantes et les défis professionnels avec optimisme, ténacité et avec le sourire, tout comme il le faisait à son arrivée au Canada.

Superstar

L’attitude et le bon caractère de Sohail ont incité ses collègues à soumettre sa candidature pour le prestigieux prix Superstar d’Adecco, qu’il a remporté à juste titre. Le prix est remis à onze collègues qui font preuve d’excellence relativement à nos valeurs fondamentales et il est assorti d’un voyage toutes dépenses payées pour deux.

Malgré tous ses succès, Sohail se montre humble quant à ses réalisations. « J’étais loin de m’attendre à cela dans un domaine hors de mes études principales ou de ma formation, dit-il. Cela ressemble vraiment au succès. Dans mon cheminement de carrière, j’ai l’impression que mon travail ardu a véritablement porté ses fruits. Ma famille est très fière. »

À ses débuts, Sohail a profité d’une occasion offerte par Adecco, puis en tirant parti des ressources de formation, comme l’application gratuite SkillBuilder offerte à tous les associés,  et en retournant aux études, il a mérité sa carrière florissante. Lorsqu’il s’est retrouvé dans des fonctions peu familières, il a suivi des cours axés sur les ressources humaines afin d’améliorer ses compétences et il a demandé des conseils et de l’aide à ses collègues quand il en avait besoin.

Aujourd’hui, Sohail prodigue les mêmes conseils aux nouveaux immigrants :

« Utilisez à votre avantage les ressources à valeur ajoutée à votre disposition. Améliorez vos compétences et vos connaissances de toutes les manières possibles. Soyez à l’affût des possibilités d’apprentissage et de perfectionnement. N’attendez pas qu’elles se présentent à vous. »


Sohail a bénéficié d’une opportunité offerte par un employeur qui ne se contentait pas seulement de « valoriser » la diversité. Nous considérons que l’embauche de talents doit être fondée sur le mérite et l’engagement, et non sur les références ou les stéréotypes. Lorsqu’une organisation élimine des candidatures en raison de préjugés, elle viole non seulement la loi, mais elle nuit à l’entreprise en étouffant les divers points de vue, en faisant obstacle à une culture diversifiée en milieu de travail et en restreignant les relations avec une multitude de groupes de clients et de talents potentiels. En prenant le temps nécessaire pour mieux connaître le candidat et pour évaluer ce qu’il peut faire, l’organisation profite d’avantages exponentiels.

Lorsqu’on demande à Sohail le secret de son succès dans un domaine où il n’avait jamais songé à travailler, il répond la même chose que de nombreuses autres personnes ayant réussi, qu’elles soient de nouvelles immigrantes ou hautement expérimentées : il faut aimer ce qu’on fait et les personnes avec qui on travaille. « Les collègues chez Adecco m’ont vraiment aidé à obtenir le soutien nécessaire et à maintenir ma motivation, car ils croyaient en moi. »

Sohail est un membre essentiel de la famille Adecco, et il nous serait difficile d’imaginer les choses autrement. Nous avons constaté son potentiel, et il a toujours travaillé de manière soutenue pour être à la hauteur de son talent. Nous encourageons et invitons tous nos clients et les employeurs canadiens à faire de même. Ne vous contentez pas de « valoriser » la diversité. En la mettant en pratique, l’ensemble de votre organisation en bénéficiera.

 

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