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Rupture technologique et besoins de dotation à venir

Article publié originalement dans le Magazine Lēad no. 15: La force d’attraction de la marque.

Par Peter Andersen, PhD, Prévisionniste en économie, Andersen Economic Research Inc.

Les nouveaux employés fournissent aptitudes, compétences et expérience aux entreprises. En échange, celles-ci leur offrent des primes pour les inciter à venir grossir leurs rangs. La culture organisationnelle risque d’exercer un attrait clé sur les nouveaux employés. Si les candidats considèrent que les méthodes d’exploitation de l’entreprise cadrent avec leur profil personnel, ils seront vraisemblablement attirés dès le début. Les entreprises peuvent renforcer cet avantage en offrant diverses possibilités d’avancement. De tels incitatifs plaisent davantage que les salaires et les avantages sociaux de base.

Toutefois, il doit y avoir une concordance étroite entre les attentes et la réalité, que ce soit des candidats ou des employeurs. Par exemple, tous les employés dotés d’excellentes aptitudes techniques ne constitueront pas des candidats idéaux auprès de toutes les entreprises en technologie; par ailleurs, la culture organisationnelle de ces dernières peut grandement varier de l’une à l’autre; tout comme leur historique, leurs valeurs fondamentales et leurs styles de gestion. Et cela est valable dans tous les secteurs d’activité.

Il incombe aux chercheurs d’emploi de vérifier et de comprendre les méthodes de travail des entreprises avant d’arrêter leur choix et de déterminer si leur personnalité cadre bien avec celles-ci. Sinon, ils pourraient bien perdre une année ou deux, et faire perdre le même temps précieux à l’employeur, avant de quitter l’entreprise.

De leur côté, les recruteurs doivent savoir définir avec précision le profil des personnes recherchées. Ils pourront ainsi réduire l’écart entre les attentes et le rendement. Une telle approche semble plus courante de nos jours. Des études sur le marché de l’emploi révèlent que le décalage entre les postes vacants et l’embauche réelle se creuse. Cela signifie que les entreprises ont mis en place des procédures de sélection beaucoup plus serrées.

Par contre, pour de nombreuses entreprises, les événements se bousculent à un rythme si effréné aujourd’hui qu’il leur est difficile de déterminer comment progressera le marché et quelle sera leur situation dans cinq ou dix ans. Elles peinent donc à cerner quels seront leurs besoins en matière de personnel, même dans un avenir proche. Par le fait même, nombre d’entre elles n’arrivent pas à respecter la réputation d’employeur qu’elles souhaitent projeter.

Cette difficulté survient parce que l’innovation a pris une très grande importance dans un monde où la concurrence s’intensifie. Le concept de dilemme de l’innovateur de Clayton Christensen lance un avertissement percutant concernant la rupture et l’occasion que présente l’innovation. Les entreprises qui décident de résister à la rupture technologique – les innovations qui perturbent les marchés existants, et qui en créent parfois de nouveaux, en remplaçant des technologies plus anciennes – parce qu’elles veulent éviter de nuire à leurs activités principales risquent d’accuser un retard important par rapport aux besoins des clients de demain.*

On fait la distinction entre les changements technologiques de rupture et ceux dits de continuité. Les changements organisationnels qui découlent de tels changements ne reposent pas uniquement sur la technologie elle-même. Le principal facteur de changement se trouve toujours dans son application – c’est-à-dire dans la façon d’appliquer la technologie, ce qui est pratiquement impossible à prédire. Il peut falloir des décennies pour qu’une nouvelle technologie soit efficacement mise en application. Toutefois, à l’occasion, d’autres percées ont une incidence immédiate. L’avènement de l’infonuagique constitue un bel exemple de facteur d’accélération. Pour qu’elle cause une rupture, la technologie doit être rentable. Une fois qu’elle l’est devenue, l’innovation technologique change les entreprises, les industries, les marchés et l’économie de manière vitale.

Le marché de l’emploi subit alors des ajustements fondamentaux. L’innovation de rupture influera sur l’économie plus tôt que vous ne vous y attendez. Elle constituera un joueur majeur en Amérique du Nord au cours de la présente décennie. L’impression 3D révolutionne déjà la production à la chaîne. Bientôt, les systèmes de qualité industrielle produiront des pièces métalliques. De plus, la robotique de pointe produira éventuellement des robots dotés d’une dextérité et d’une intelligence suffisantes pour remplacer la main-d’oeuvre humaine par un équipement « bon marché ». Les coûts d’investissements des robots ont tant baissé que l’équivalent de leur taux horaire concurrence avantageusement avec les pays en voie de développement où la main-d’oeuvre ne coûte pas cher. Les usines nord-américaines deviendront plus concurrentielles au fur et à mesure que la distance et le temps gagneront en importance à l’égard de la conception, de l’ingénierie, de la production et du marketing.

À propos de Peter Andersen

Peter AndersenPeter Andersen est un économiste-conseil indépendant qui se spécialise dans le domaine de la prévision en économie appliquée. Il a obtenu son doctorat en économique de l’Université de Harvard. Peter fournit des conseils stratégiques en économie aux équipes de direction en participant à des réunions de conseil, à des vidéoconférences et à des appels téléphoniques, ainsi qu’en leur transmettant des rapports sur l’économie ou des commentaires par courriel. Il participe fréquemment, à titre de conférencier principal, aux congrès que l’industrie tient au Canada et aux États-Unis. En outre, Peter a enseigné l’économie financière ainsi que l’économie monétaire et bancaire à l’université du Texas, à Austin, de 2001 à 2010.

À propos de Lēad

Depuis sa première publication en 2007, le magazine Lēad d’Adecco Canada tient les employeurs à l’avant-garde du perfectionnement, des tendances et des innovations en matière de gestion de la main-d’œuvre. En présentant des articles rédigés par certains des principaux spécialistes canadiens de l’économie, du droit, de la diversité, de la politique et des ressources humaines, Lēadconstitue un guide précieux dans le monde du travail, un monde dynamique en constante évolution. Pour visionner nos éditions antérieures, visitez nos archives du magazine Lēad.

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