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Témoignage de Tabia Charles, olympienne, saut en longueur

Ancienne athlète professionnelle spécialisée en saut en longueur et participante aux Jeux olympiques d’été de Beijing en 2008, Tabia Charles sait très bien ce que veut dire le mot « détermination ». C’est pourquoi, après avoir subi une blessure à la cheville qui a mis un terme à sa carrière d’athlète, elle a rebondi en empruntant un nouveau chemin. « J’ai vécu une expérience extraordinaire à Beijing, dit-elle. Ce fut assurément l’un des grands moments de ma vie. Le sport m’a permis de visiter des endroits où je n’aurais jamais pensé aller, de parcourir le monde et de rencontrer des gens remarquables. Je ne regrette donc aucunement d’avoir représenté le Canada dans le cadre de diverses compétitions. Mais je suis tellement ravie maintenant de pouvoir entreprendre une nouvelle carrière. »

Bien que les épreuves sportives de niveau professionnel lui aient laissé peu de temps pour le travail, Tabia a profité de chaque occasion pour enrichir son curriculum vitæ. « Même lors des mes années d’université je travaillais, se rappelle-t-elle. J’ai toujours aimé amasser un peu d’argent en plus pour garder mon indépendance. Mais à partir du moment où j’ai atteint un certain niveau en athlétisme, je n’ai plus eu le temps de travailler. » Néanmoins, elle a pris part à un programme de travail pour athlètes dans une grande banque canadienne et a eu des postes chez divers employeurs, y compris dans une autre banque, un centre de rénovation, une grande entreprise canadienne de bières et une grande firme canadienne de télécommunications. Toutefois, en dépit de ses craintes initiales, c’est son poste actuel chez Coca-Cola à Toronto – qu’elle a obtenu à partir du Programme Carrière Athlètes d’Adecco – qui la fait maintenant carburer.

Titulaire d’un diplôme de maîtrise en gestion des ressources humaines, Tabia s’est donné comme mission d’amorcer sa carrière dans les RH. « Je cherchais des emplois en gestion des ressources humaines, mais au moment où je m’inscrivais à Adecco, on m’a dit qu’il y avait une opportunité intéressante pour moi dans une entreprise qui était à la recherche d’athlètes olympiques. » Après avoir appris que ce poste, à Coca-Cola, était en marketing, Tabia ne savait trop comment réagir – jusqu’à ce que son père lui ramène les choses en perspective. « D’abord, j’ai hésité, confie-t-elle, car le marketing n’est pas ma branche et je ne voulais pas trop m’éloigner des RH puisque je m’étais tant investie dans ce domaine. Mon père m’a suggéré d’aller tenter ma chance, car Coca-Cola est une entreprise fabuleuse et qui sait où ce poste pourrait me mener – il n’y a pas de limite. Alors, j’ai foncé. »

Une décision qu’elle n’a jamais regrettée. « Il y a maintenant environ quatre mois que je travaille là et, honnêtement, je désire poursuivre mon cheminement en marketing, déclare-t-elle. J’adore ce que je fais. On me confie beaucoup de projets à gérer et j’ai la latitude voulue pour les piloter à ma façon. On me fait vraiment confiance. J’apporte un angle nouveau dans les projets, dans les brefs de création et dans la collaboration avec les agences de publicité. Ça fonctionne vraiment bien pour moi ici. Je crois être sur la bonne voie pour devenir directrice adjointe. »

Quand on lui demande si elle est déçue de ne pas assumer un rôle en ressources humaines, Tabia souligne à quel point le monde des RH est vaste et que les compétences acquises dans ce domaine sont facilement transférables à d’autres. « Chaque entreprise possède un service des RH, donc il n’y pas lieu de paniquer. Et il existe tellement de fonctions différentes en RH – généraliste, spécialiste en formation et en perfectionnement ou dans le secteur de la rémunération et des avantages sociaux, etc. – ainsi que de multiples facettes, sans compter que les entreprises sont toujours à la recherche d’employés en RH. C’est un domaine professionnel stimulant, mais j’ai tellement appris dans mon programme de maîtrise que je peux adapter mes connaissances à mon poste en marketing ou ailleurs. Un jour, j’aimerais occuper un poste de gestionnaire ici et je peux bâtir sur ce que j’ai appris durant ma formation dans mes cours sur le leadership et la gestion, et l’appliquer à n’importe quel emploi. »

Bien sûr, le sport inculque à des athlètes comme Tabia une panoplie de compétences et de qualités que les employeurs recherchent, notamment l’ambition, l’esprit d’équipe et le sens des responsabilités. « Pour devenir un athlète olympique et professionnel, il faut trimer dur. Nous nous entraînons deux fois par jour, six jours par semaine. Il faut être très discipliné et faire équipe avec son chiropraticien, ses entraîneurs, ses coéquipiers ou sa nutritionniste. Le parallèle est facile à faire avec le travail au sein d’une entreprise car on doit collaborer avec des gestionnaires, le service des RH, d’autres employés et des clients. Nous, les olympiens, avons la compétition dans le sang; nous voulons toujours bien faire. Nous plaçons la barre très haute. C’est la même chose quand nous travaillons pour une entreprise. Lorsqu’on nous confie des projets, notre nom y est associé et nous cherchons à accomplir le meilleur travail possible, car nous voulons être les premiers – nous voulons exceller. Comme pour les athlètes, qui veulent se hisser au premier rang de leur discipline. L’ambition, la motivation, la détermination, la discipline – je sais par expérience que ce sont des attitudes et des caractéristiques propres à tous les grands athlètes et qui s’appliquent très bien au monde du travail. On ne s’étonnera donc pas si les entreprises désirent compter des athlètes de haut niveau dans leurs rangs. »

Forte de ce qu’elle a vécu, Tabia désire donner les conseils suivants aux athlètes : « Vous devez comprendre qu’une carrière dans les sports, et particulièrement en athlétisme, est éphémère et n’offre pas un avenir garanti. C’est très imprévisible. Il faut donc commencer à se préparer au milieu ou vers la fin de sa vie d’athlète professionnel afin de réussir le saut dans le monde du travail. Dans le monde de l’athlétisme au Canada, les gens se concentrent habituellement sur leurs seuls objectifs sportifs et je comprends qu’ils veuillent atteindre ces buts, mais il faut se rendre compte à un certain moment qu’il y a une vie après l’athlétisme. Il y a même beaucoup plus. Servez-vous de tous ces efforts déployés et de tout ce que vous avez acquis lors de vos nombreux voyages pour aller de l’avant et amorcer une nouvelle carrière. » Et elle insiste sur l’importance de profiter d’occasions comme celles fournies par le Programme Carrière Athlètes : « Pour ceux qui essaient de faire la transition du monde du sport à celui du travail, des occasions comme celles-ci sont essentielles et c’est formidable de voir Adecco appuyer les athlètes. »

Tabia a aussi un conseil à donner à tous ceux et celles qui tentent de s’engager dans leur propre cheminement professionnel : « Que vous soyez athlète ou non, il est très important d’évaluer où vous vous situez. Il est essentiel de faire des recherches en ligne. Explorez les domaines où la demande est forte, les domaines dans lesquels vous pouvez exceller et les domaines qui pourraient vous rendre heureux. Puis, empruntez ce chemin, que ce soit en vous inscrivant à une formation, en retournant aux études ou en apprenant un métier. Il est tellement important d’entreprendre cette démarche, de vous demander où vous vous voyez dans l’avenir et comment vous pouvez atteindre votre but. »

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