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Lingua alteratia : Les langues les plus parlées au Canada

Selon le recensement de 2011 de Statistique Canada, environ deux millions de personnes au Canada parlent une autre langue que le français ou l’anglais à la maison. Si l’on ajoute à ce nombre les gens qui, chez eux, parlent un peu d’anglais ou de français en plus de l’autre langue, on rejoint alors près du cinquième de la population canadienne. Alors, quelles sont les langues les plus parlées au Canada? L’anglais vient toujours au premier rang avec 56,9 % des Canadiens pour qui il s’agit de la langue maternelle, et 85 % de l’ensemble des habitants en possèdent une connaissance d’usage. Au deuxième rang, le français est la langue maternelle de 21,3 % des Canadiens, et 30,1 % de toute la population canadienne en possède une connaissance d’usage. Toutefois, en dépit du fait que 94,4 % des Québécois sont en mesure de parler français, la langue de Molière est en léger déclin, selon le recensement, dans tout le pays, et ce, pour deux grandes raisons : les francophones continuent d’apprendre l’anglais comme langue seconde et les nouveaux arrivants au Canada choisissent d’apprendre l’anglais plutôt que le français comme langue seconde. Donc, si l’anglais maintient sans problème sa position de tête et que le français devient de plus en plus localisé, quelles langues effectuent une percée dans tout le pays? Et qu’est-ce que ces statistiques nous révèlent sur l’avenir du marché canadien en termes de réussite des entreprises – tant au pays qu’à l’étranger – et sur la façon d’attirer le talent adéquat pour ce faire?

Les langues non officielles les plus parlées au Canada

À une certaine époque, être bilingue au Canada signifiait être en mesure de parler anglais et français. Toutefois, aujourd’hui, à peine 17,5 % des Canadiens disent pouvoir soutenir une conversation dans les deux langues officielles. Or, on dénombre maintenant plus de 200 langues parlées au Canada : après l’anglais et le français, le chinois (le cantonais et le mandarin) et le pendjabi complètent le carré d’as linguistique avec respectivement 472 080 et 456 090 locuteurs. En fait, les langues asiatiques comptent actuellement pour 56 % de toutes les langues non officielles au Canada. D’ailleurs, la langue à la croissance la plus rapide au Canada vient d’Asie, en l’occurrence, des Philippines : le tagalog (ou tagal), dont le nombre de locuteurs a bondi de 64 % entre 2006 et 2011.

Les langues les plus parlées au Canada et dans le monde

Mais où se situent donc les langues les plus parlées et les plus émergentes au Canada par rapport à celles utilisées sur la scène internationale? Le parallèle le plus flagrant est celui constaté pour le chinois, plus précisément le mandarin, qui est la langue officielle de Chine la plus couramment parlée. Avec près d’un milliard de locuteurs, le mandarin est devenu la langue des affaires la plus présente dans le monde après l’anglais depuis que la Chine s’est hissée au rang des superpuissances économiques. Parmi les autres langues les plus parlées sur la planète on retrouve l’espagnol, le français (qui est la langue la plus communément utilisée sur Internet après l’anglais), le russe et l’allemand. L’allemand figure d’ailleurs comme l’une des langues les plus importantes dans le monde des affaires, parce que l’Allemagne s’illustre comme un géant de l’exportation.

Toutefois, d’autres langues dont l’usage est moins répandu ont gagné en importance dans le marché international des affaires, surtout à cause du type d’industries auxquelles leurs pays sont associés. Prenons par exemple le secteur pétrolier où il est fort commode de connaître la langue arabe – 56 % des réserves mondiales de pétrole se trouvent au Moyen-Orient et 60 % des habitants du Moyen-Orient s’expriment en arabe. Malheureusement, l’arabe, tout comme le mandarin, figure parmi les langues les plus difficiles à apprendre chez les personnes dont la langue maternelle est indo-européenne, sans compter qu’elle compte beaucoup de dialectes. Le japonais est particulièrement utile dans le monde des technologies, tandis que la connaissance du portugais représente un atout à la suite de l’émergence du Brésil comme puissance économique, comme en témoigne la prospérité de ses secteurs minier, agricole et manufacturier.

Une étude menée en 2005 par les économistes Albert Saiz, de l’université de Pennsylvanie, et Elena Zoido, du groupe de consultants LECG, confirme certains faits évoqués plus haut. Cette étude s’est penchée sur le genre de primes au salaire liées à la maîtrise de certaines langues. Elle révèle que la connaissance de l’allemand et du chinois (ainsi que du russe et de l’italien) procurait aux Américains une prime de 4 % sur leurs salaires, tandis que cet avantage ne s’établissait respectivement qu’à 2,7 % et 1,7 % pour le français et l’espagnol.

En quoi cela touche-t-il les employeurs canadiens?

Les statistiques sur les langues parlées dans le monde donnent quelques indices sur les exigences linguistiques que devraient privilégier les employeurs qui ont des activités commerciales à l’étranger, en particulier dans certaines régions de la planète. Bien que le mandarin constitue un avantage évident, surtout parce que beaucoup de Canadiens le parlent, il y a plus de gens que l’on croit qui s’expriment en allemand et en arabe au Canada. En fait, en 2011, environ 1,2 % des Canadiens mentionnaient que l’allemand était leur première langue (409 200 personnes) et près de 1 % (327 870 personnes) désignaient l’arabe comme langue maternelle (comparativement à 261 640 personnes en 2006).

Mais qu’en est-il pour les entreprises faisant affaire seulement au Canada? Les langues sont une indication de différents marchés, et par le fait même de diverses – et de plus en plus nombreuses –occasions d’affaires. On estime que le Canada compte actuellement plus de 200 groupes ethniques et que les minorités visibles constitueront plus de 50 % de la population de Vancouver et de Toronto d’ici 2017. Le succès à long terme de nombreuses entreprises canadiennes dépendra désormais davantage de leur capacité à cibler commercialement ces groupes dans leurs propres langues à travers les médias qu’ils consomment, tels que les chaînes de télévision, journaux, sites Web et événements ethnoculturels. C’est aussi la raison pour laquelle le fait de pouvoir compter sur une main-d’œuvre diversifiée reflétant le multiculturalisme du pays devient un avantage concurrentiel non négligeable, tandis que les entreprises qui évitent la diversité, à dessein ou involontairement, ou qui échouent à promouvoir la compétence culturelle et la gestion de la diversité, mordront la poussière.

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