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Portraits des Jeux paralympiques : Matt Hallat

Les jeux de Sotchi seront les troisièmes Jeux paralympiques pour Matt Hallat au sein de l’équipe canadienne de ski para-alpin. Ayant perdu sa jambe droite, amputée jusqu’au genou en raison du sarcome d’Ewing, forme rare de cancer, juste avant son sixième anniversaire, Matt incarne la persévérance. Car c’est à six ans qu’il a commencé à skier. Aujourd’hui, il désire transmettre sa détermination à la prochaine génération. Dans sa seconde année d’existence, le Camp Redéfinir ses limites de Matt donne aux jeunes athlètes paralympiques la chance d’explorer leurs talents de skieur. « En ski para-alpin, il n’y a pas vraiment de programme préparatoire. Dans d’autres sports, vous commencez à cinq ans et quand vous grandissez, vous vous entraînez avec des gens de votre âge, et vous vous améliorez de plus en plus. Vous finissez par tout apprendre, graduellement. En raison de la nature même du ski para-alpin, il y a moins de participants, et de ce fait aucun programme de ce type. Alors, les jeunes qui démontrent un certain talent dans la discipline accèdent très rapidement à l’équipe nationale de perfectionnement. »

Et ce programme n’est pas fait pour les âmes sensibles. « Je crois que la plupart de ces jeunes athlètes paralympiques étaient des skieurs de fins de semaine lorsqu’ils ont commencé : ils skiaient en famille les week-ends ou environ deux fois par semaine entre Noël et la semaine de relâche. Mais quand ils atteignaient l’âge de 16, 17, 18, 19 ou 20 ans, on les invitait à prendre part à quelques camps avec l’équipe nationale. Et maintenant, on s’attend à ce qu’ils deviennent des skieurs à plein temps, qu’ils s’entraînent cinq ou six fois par semaine. Ils subissent alors beaucoup de pression pour être performants, et cela constitue tout un changement pour eux. Ils sont passés d’amateurs skiant le week-end pour le plaisir, à athlètes de haut niveau qui doivent livrer de grandes performances. J’essaie de leur expliquer cette situation dès le début afin qu’ils soient plus conscients des attentes fondées sur eux, le cas échéant. Cela leur permet aussi de faire un choix éclairé. Selon moi, il n’y a pas de mauvais choix. S’ils choisissent, en toute connaissance de cause, de ne pas s’engager, c’est parfait. Pour moi, c’est une attitude gagnante, tout comme celle des jeunes qui décident de tenter leur chance au sein de l’équipe. »

En fait, Matt tire une grande joie de simplement observer ses campeurs avoir du plaisir sur les pentes. « Je perçois une joie presque enfantine – ne serait-ce que la simple joie de skier à nouveau. Toutefois, pour atteindre un but, il faut parfois sacrifier ce pur plaisir de skier. Néanmoins, je retire beaucoup de ce camp, et j’espère qu’ils profiteront aussi un peu de ces deux aspects. Je souhaite qu’ils puissent encore apprécier pleinement leur sport, mais aussi qu’ils commencent à comprendre que s’ils choisissent d’intégrer l’équipe nationale de ski, le but ultime sera de gagner aux niveaux les plus élevés. Cela implique qu’ils devront faire des sacrifices pour y arriver et répondre aux attentes. »

Matt souligne également que ce mélange de plaisir et de défi ne s’applique pas seulement au ski, mais aussi à tous les aspects de la vie. « Quand vous postulez à un emploi, je crois qu’il est préférable d’en savoir le plus possible à l’avance sur cet emploi. Il est évident qu’une certaine incertitude peut régner, comme c’est le cas pour toute prise de décision, mais le fait d’être bien informé, de savoir dans quoi on s’embarque et ce que l’on attend de nous ne peut que nous aider. Si vous devez faire un choix et que vous avez une passion pour ce travail, c’est là que vous allez trouver la motivation pour réussir. Et même pour d’autres choses qui vous passionnent moins, je crois que ce principe demeure utile. Vous serez plus heureux et serez plus susceptible de progresser. »

Ce type de mentorat ne se limite pas non plus au camp de Matt. Conférencier et motivateur chevronné, Matt est souvent invité à prononcer un discours dans des événements d’entreprise. « Je raconte mon histoire, qui est liée au cancer, ce qui touche à peu près tout le monde à un degré ou à un autre. Cela fait partie de la vie. Parfois, elle nous réserve de mauvaises surprises, mais il faut continuer de lutter. Tout le monde doit faire face à des défis de taille à un moment ou l’autre de sa vie. Pour certains de mes défis comme skieur, je ne savais pas comment j’allais les relever, mais avec le temps, petit à petit, on trouve un moyen. Et lorsque vous vous arrêtez et que vous réfléchissez, vous vous rendez compte qu’ils ne sont peut-être pas si importants que ça dans la grande roue de la vie. Mais lorsque vous êtes dans le feu de l’action, vous ne pensez pas à ça. Quand vous considérez tout ça avec le recul, peu importe à quel point l’épreuve a été difficile, vous ne regrettez pas de l’avoir vécue. Je dis toujours que le cancer est peut-être la meilleure chose qui me soit arrivée parce que cette maladie m’a permis de faire face à des obstacles et de les vaincre.  Je suis en fait vraiment reconnaissant. »

En rétrospective, Matt admet qu’avoir un mentor a largement contribué à sa réussite. « Quand j’étais jeune, à mes débuts avec l’équipe, il y avait trois personnes que j’admirais pour diverses raisons. Ils avaient tous une grande influence sur moi. Ils ont nourri ma passion, ont aiguisé mon désir de faire partie de l’équipe et m’ont motivé sans cesse pour que je devienne le meilleur skieur du monde. Pour moi, c’est extrêmement important de savoir que les rôles sont maintenant inversés. Aujourd’hui, c’est moi le grand frère, j’ai de l’expérience et je sais davantage ce qu’il faut faire pour réussir. Je crois qu’il est important que les jeunes en profitent à leur tour, que je reproduise avec eux ce qu’on a fait pour moi. Et je me sens vraiment bien dans ce rôle. Certains peuvent penser que les bienfaits ne vont que dans un sens, mais j’ai énormément retiré de cette expérience. »

Pour en savoir davantage sur Matt, consultez son profil ou visitez le www.matthallat.com.

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