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Homme ou femme – l’habit fait-il le moine?

On ne compte plus le nombre d’études réalisées sur le rôle que jouent les vêtements dans le processus de séduction entre les hommes et les femmes. Toutefois, il y en a beaucoup moins sur la façon dont la tenue vestimentaire peut nous influencer dans un contexte professionnel. Comment le fait de porter certains vêtements au travail peut-il marquer la perception que les gens ont de nous? Et de ce fait, comment notre tenue peut-elle agir sur notre propre perception de nous-mêmes? Ou non? Au bout du compte, les vêtements ont une influence, ajoutant ainsi un angle intéressant à l’incontournable dynamique employeur-employé ou intervieweur-interviewé.

Alors, tant pour les hommes que pour les femmes, l’habit fait-il le moine?

Une étude menée l’an dernier par l’université Northwestern a signalé un phénomène que les chercheurs ont appelé « enclothed cognition » (traduction libre : l’habillement cognitif), qui en des mots plus simples revient à dire : vous êtes ce que vous portez. Chaque vêtement véhicule sa symbolique propre chez les gens, et cette symbolique influence non seulement ceux qui regardent la personne qui porte ces vêtements, mais aussi la psyché de cette dernière. Par exemple, les chercheurs de Northwestern ont fait porter à leurs sujets des sarraus blancs avant de leur administrer les tests cognitifs. Certains sujets se sont fait dire qu’ils portaient des blouses d’artiste, tandis que pour d’autres c’était des blouses de médecin. Ceux qui croyaient porter un sarrau de médecin manifestaient une plus grande attention aux détails que ceux qui croyaient avoir enfilé une blouse d’artiste, peut-être en raison de la méticulosité associée aux médecins. De même, généralement, ceux qui croyaient porter un sarrau de médecin « pensaient » davantage comme des médecins.

Intégration de « l’habillement cognitif » au travail – où il faudra désormais « bien se vêtir pour réussir »

Il existe de nombreuses raisons justifiant la mise en place d’un code vestimentaire au travail. Nommons-en deux : le désir de s’assurer que chaque membre du personnel d’une entreprise projette une apparence professionnelle devant les clients; et l’établissement d’une certaine uniformité vestimentaire qui empêche subtilement tout employé de s’habiller de façon trop excentrique. Toutefois, l’aspect probablement le plus bénéfique pour une entreprise d’imposer un code vestimentaire est directement lié à la notion d’habillement cognitif. Des études ont révélé que les lieux de travail qui ont adopté un code vestimentaire de style complet-tailleur (plutôt que l’ambiguë tenue de bureau décontractée) constatent que leurs employés ont une meilleure image de soi et offrent un meilleur rendement. La raison est simple : lorsque vous vous habillez comme un professionnel, vous vous sentez comme un professionnel, et vous vous comportez donc davantage en professionnel, c’est-à-dire que vous êtes plus productif.

Par contre, d’autres arguments militent en faveur d’un code vestimentaire décontracté, qui semblerait favoriser un meilleur moral, le lieu de travail paraissant plus confortable (comme les vêtements), ainsi qu’une plus grande facilité d’approche chez les collègues, y compris les gestionnaires. Certains secteurs d’activité, tels que l’informatique, tendent aussi à être associés à un habillement plus décontracté, servant presque de prolongement à l’image de marque. Les récents succès de géants de la technologie comme David Zuckerberg, de Facebook, ont permis d’établir un parallèle entre une tenue décontractée et les innovations technologiques. En comparaison, on perçoit presque toujours les avocats vêtus d’un complet. Pourquoi? Les avocats ne devraient-ils pas avoir l’air plus décontractés et faciles d’approche?

Oui, les tenues véhiculent certaines symboliques, même dans le monde des affaires. En un sens, « s’habiller pour réussir » peut varier selon la profession exercée, détail dont il faut se rappeler lorsque l’on veut imposer un code vestimentaire. Vous êtes plus susceptible d’embaucher un avocat portant veston et cravate plutôt qu’un autre vêtu d’un chandail-capuchon et de jeans. Pareillement, vous aurez peut-être des doutes sur les véritables connaissances informatiques d’un développeur de logiciel s’il se présente à l’entrevue dans un impeccable complet Harry Rosen. N’oubliez pas que le concept de l’habillement cognitif renvoie à la façon dont se perçoit « l’habillé ». Il est néanmoins possible que l’avocat en jeans et capuchon travaille mieux s’il porte un habit, car une tenue soignée le fera se sentir davantage comme un « vrai » avocat. Ainsi, lorsque vous établissez un code vestimentaire que vous souhaitez être couronné de succès, assurez-vous de tenir compte de la symbolique entourant l’habillement dans votre secteur d’activité.

Comment déceler les tenues portées pour jeter de la poudre aux yeux

Les gens tendent à porter des jugements hâtifs sur les personnes qu’ils ne connaissent pas, et l’habillement, entre autres, les aiguille en ce sens. Les employeurs qui font passer des entrevues d’emploi devraient se montrer prudents vis-à-vis de cet aspect de la nature humaine et s’assurer de ne pas tomber dans le piège d’une tenue vestimentaire visant à en mettre plein la vue. Toutefois, il est bon de se rappeler que, selon le principe de l’habillement cognitif, c’est comme si l’interviewé pouvait presque afficher une autre personnalité, falsifiant de ce fait la perception de l’intervieweur sur le bon rendement qu’un tel candidat pourrait donner sur une base constante – ce dernier pouvant même offrir une meilleure « performance » que prévu lors de l’entrevue!

Bien qu’un candidat doive toujours afficher une tenue professionnelle dans une entrevue, l’employeur doit consciemment voir au-delà des apparences et se concentrer sur des questions exploratoires et détaillées à poser, à partir des antécédents professionnels du candidat, tout en surveillant les non-dits révélateurs de son langage corporel, tels l’incapacité de maintenir un contact par le regard ou une agitation physique, qui pourraient trahir une certaine malhonnêteté. Ce n’est qu’après avoir mesuré toutes ces considérations qu’un employeur peut avoir la certitude de s’adresser à un candidat qualifié. Pour paraphraser le poète Nikki Giovanni : « Si vous ne vous connaissez pas vous-même, vous ne pouvez connaître les autres. »

4 Commentaires Poster un commentaire
  1. Article se raprochant un peu de l’article que j’ai écris ,sur le même sujet, mais avec un angle plus philosophique. Intéressant point de vue toutefois, je n comprends pas le lien que vous faite avec la citation: Si vous ne vous connaissez pas vous-même, vous ne pouvez connaître les autre. Il serait intéressant en une ligne de donner l’interprétation de celle-ci.

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    septembre 23, 2013

Rétroliens & Pings

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