Aller au contenu principal

Les tendances 2013 en matière d’emploi… à ce jour

L’emploi au Canada de janvier à mai 2013

Début juin, Statistique Canada a publié ses données sur le milieu du travail pour mai, signalant 95 000 nouveaux emplois, l’une des hausses mensuelles les plus élevées depuis plusieurs décennies, qui a fait reculer le taux de chômage à 7,1 %, en baisse de 0,1 %. Parmi ces emplois, près de 77 000 consistent en des postes à temps plein dans le secteur privé. Cette bonne nouvelle survient à peine quelques mois après la lugubre annonce de Statistique Canada concernant la disparition de 54 500 emplois, en mars. Cette chute, la pire des quatre dernières années, avait annulé les gains de 50 700 emplois en février. Ce dernier sommet, prolongement d’une tendance en dents de scie, a suscité la publication de déclarations et même une annonce du premier ministre Stephen Harper signalant les marges d’erreur élevées du rapport de juin de Statistique Canada : certains sont d’avis que les données pourraient surestimer les gains d’emplois dans une mesure pouvant atteindre 53 400. Toutefois, malgré la volatilité des données et les marges d’erreur de Statistique Canada, les tendances générales concernant l’emploi semblent positives pour le moment, le premier ministre indiquant une hausse nette du nombre d’emplois de l’ordre d’un million depuis le début de la grande récession.

Emplois : la quantité ou la qualité

Les chiffres sur l’emploi de Statistique Canada pour mai suscitent également des observations sur la qualité des postes créés. Bien qu’il semble s’agir pour la plupart d’emplois à temps plein dans le secteur privé, CIBC estime que la tendance est à la baisse en ce qui concerne la qualité des emplois. Selon l’indice de la banque en matière de qualité des emplois au Canada, qui mesure les tendances concernant les rapports temps plein/temps partiel et salarié/travailleur autonome ainsi que la rémunération relative, les emplois à temps partiel ont connu une hausse de 56 % depuis 1988, contre une hausse de seulement 37 % pour les emplois à temps plein. De même, le nombre de travailleurs autonomes a augmenté de 56 % tandis que le nombre de salariés n’a augmenté que d’un peu plus de 30 %. D’après la CIBC, les données les plus troublantes concernent toutefois la croissance des emplois les mieux rémunérés par rapport aux emplois associés à de faibles salaires. Selon l’indice, les emplois bien rémunérés ont connu une croissance de seulement 5 % depuis la fin des années 1980, contre une croissance de 40 % pour les emplois associés à une rémunération faible ou moyenne. Ces tendances à la baisse en ce qui concerne la qualité des emplois s’observent essentiellement à l’échelle du pays, l’Alberta et la Saskatchewan étant les seules provinces où la qualité des emplois est en hausse en raison des industries, qui s’y portent très bien.

Un paysage en mutation

Dans la plupart des provinces, la rareté des emplois de qualité reflète les données globales sur l’emploi, peu reluisantes. La majeure partie de la création d’emplois que Statistique Canada a observée en mai a eu lieu en Alberta, en Ontario et au Québec. D’autres régions du pays s’en tirent moins bien, comme c’est le cas des provinces de l’Atlantique, qui assistent à un exode des travailleurs vers l’Ouest. Par exemple, selon le moteur de recherche du Royaume-Uni Adzuna, on compte seulement 4,4 chercheurs d’emploi pour chaque poste offert à Saskatoon, 5,2 à Nanaimo, 5,7 à Kamloops et à Winnipeg et 6,1 à Regina. Au cap Breton, ils sont 55,5. Par ailleurs, il faut souligner que, malgré la création d’emplois en Ontario, certains des marchés les plus surchargés se trouvent en fait dans cette province, comme la région du Niagara, qui mène le bal avec près de 100 chercheurs d’emploi par poste offert. La région de Kitchener-Waterloo en compte 73,4, Oshawa 52,5, Windsor 26,8 et London 22,6.

L’Ouest canadien n’est pas la seule région à attirer les talents de l’Est. Le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon affichent des tendances positives grâce à une explosion du nombre d’emplois offerts. En fait, le Yukon enregistrait en 2011 l’un des taux d’emploi les plus élevés du pays, à près de 70 %.

Si on s’attarde aux différents secteurs, celui de la fabrication est le plus mal en point, affichant des pertes d’emplois pour le septième mois consécutif, qui s’élèvent à 14 200 en mai, portant à près de 100 000 le nombre de postes perdus dans ce secteur au cours de la dernière année. Le secteur de la construction semble, lui, prendre du mieux, avec la création de 43 000 emplois, malgré des pertes récentes qui devraient se poursuivre en raison du ralentissement du marché de l’habitation. L’amélioration pourrait s’expliquer par une augmentation de la demande dans le domaine commercial plutôt que résidentiel. Le secteur de la vente au détail et de la vente en gros affiche pour sa part 27 000 nouveaux emplois, une hausse considérable.

Les tendances du marché de l’emploi chez les jeunes

Les données sur l’emploi pour mai pourraient indiquer une certaine tendance positive en ce qui concerne l’emploi chez les jeunes au Canada (15 à 24 ans). Parmi les postes créés, 54 000 visaient ce groupe d’âge, faisant reculer le taux de chômage chez les jeunes à 13,6 %. Par contre, chez les 25 à 54 ans, soit le cœur de la population active canadienne, on n’observe aucune hausse considérable du nombre d’emplois.

Aucun commentaire pour le moment

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :